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sur le site de la Fédération Nationale des Producteurs de l'Horticulture et des Pépinières

 

62ème Congrès De La FNPHP, 21 et 22 Juin 2006, Orléans

 

Discours Officiel D'Antoine PIGOT,
Président De La FNPHP

Monsieur le Conseiller technique, représentant Monsieur BUSSEREAU, Ministre de l'agriculture,

Je vous remercie de votre présence à notre 62 ème congrès, ce qui me donne l'occasion de souligner les bonnes relations que nous entretenons avec votre ministère, tant au niveau du cabinet, des services, qu'avec notre office VINIFLHOR.
Nous avons sincèrement apprécié, la disponibilité, et la réactivité de tous nos interlocuteurs, M.CADOT Directeur de cabinet, M.FAUCHER votre prédécesseur et vous même, M.MATHURIN, Directeur de la protection des végétaux, ainsi que M. de GUENIN Directeur de l'office.
Vous avez su être particulièrement attentifs à nos sollicitations, qui ont quelques fois nécessité des prises de positions urgentes.
J'en veux pour exemples, la promulgation du décret d'application de l'article 40 clarifiant le statut des producteurs détaillants, vos interventions sur la mise en œuvre  des usages mineurs phytosanitaires pour la bulbiculture et votre soutien à notre action visant à annuler des ventes illicites de végétaux.
Mais si le Ministère de l'Agriculture à porté une attention grandissante à notre secteur d'activité, c'est aussi le cas de la société civile qui, à travers un remarquable rapport du Conseil Économique et Social, a mis en lumière l'importance sociétale de nos métiers.
Il a également souligné dans ses conclusions l'intérêt qu'il faut accorder à l'ensemble de la filière afin d'assurer le dynamisme indispensable à son développement.

Produits phytosanitaires
Coût de la main d'oeuvre
Augmentation de l'énergie
Viniflhor
Enseignement

Plan de pérennisation et de développement des entreprises horticoles
Val'hor

Rappelons que notre secteur représente 7000 entreprises pour un chiffre d'affaires de production de 1 milliard 770 millions d'euros, et 31300 emplois, soit 14 % de l'emploi agricole total. Mais si nous voulons préserver ce poids économique, pour lequel nous nous sommes mobilisés activement, nous devons bénéficier d'un environnement favorable. Les pouvoirs publics doivent donc veiller à l'équité et  aussi  avoir la volonté ferme de supprimer les distorsions de concurrence. Les droits d'entrée sur l'espace communautaire devraient être négociés contre des barrières phytosanitaires plus strictes, mais surtout plus en adéquation avec les exigences environnementales d'aujourd'hui. 

Un grand nombre de produits phytosanitaires a été supprimé pour la production Française, afin de protéger l'environnement et les consommateurs. Cependant nous devons toujours proposer à nos clients des produits indemnes de maladies et de ravageurs, et donc faire appel à des systèmes plus coûteux, comme par exemple la Protection Biologique Intégrée, ou subir des pertes de culture plus importantes...Il est essentiel que, dans l'espace européen, il y ait une harmonisation de l'homologation des produits phytosanitaires car la situation actuelle crée une sévère distorsion de concurrence. Nous avons eu l'occasion, de rappeler cette position à M.BUSSEREAU il y a 48h lors d'une réunion sur les procédures d'échange dans le cadre de l'OMC.

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Le second point que nous souhaitons mettre en exergue concerne la nécessité d'un allégement des coûts de la main d'œuvre permanente et temporaire. Notre secteur est fortement employeur de main d'œuvre. Ce poste représente entre 30 à 50 % des coût de productions. La disparité des coûts horaires travaillés en Europe nous pénalise fortement. D'autres pays Européens , Pays Bas, Allemagne... ,font des contrats spécifiques et facilitent le recours à  la Main d'œuvre  étrangère avec des coûts largement inférieurs à notre SMIC 35 heures. Le coût de la main d'œuvre et les marges de plus en plus réduites n'incitent pas les chefs d'entreprises à embaucher en CDI

  • Le contrat CDI – CNE est une bonne réponse pour faciliter les embauches. Cela permet de s'assurer des compétences des personnels embauchés,  au long des différents cycles saisonniers qui rythment l'élaboration et la vente de nos produits.
  • Le maintien par l'ASSEDIC de l'indemnisation des travailleurs saisonniers entre deux contrats, permet de continuer de fidéliser une main d'œuvre déjà formée. Si cette indemnisation venait à disparaître, comme l'impose l'accord UNEDIC de février 2006 négocié par le MEDEF, nous serions dans l'impossibilité de maintenir notre capacité de production,
  • Des contrat spécifiques doivent donc être mis en place pour réduire ces inégalités, sans que nous soyons obligés de recourir systématiquement à de la Main d'œuvre étrangère, ou de délocaliser nos productions, tout en réduisant les écarts de coût horaire au sein de l'Europe.
  • Six ans après leur mise en place, nous mesurons pleinement à quel point les 35 heures sont inadaptées à nos métiers. Nous souhaitons qu'à la durée légale de 35 heures, soit substituée une durée conventionnelle propre à l'agriculture, permettant de repousser le seuil de déclenchement des heures supplémentaires, qui, rappelons le, sont majorées de 25% et non pas de 10% comme dans les autres branches.

Les coûts salariaux constituent le premier poste de charge de nos entreprises. Une réponse de votre part à tous ces points est absolument indispensable, d'autant plus que la loi d'orientation agricole n'a apporté aucune avancée significative permettant d'imaginer un quelconque abaissement du coût de la main d'œuvre. 

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 Une autre inquiétude de notre secteur est l'augmentation alarmante du coût de l'énergie. Tous les experts s'accordent aujourd'hui à dire que cette tendance est structurelle, et des " mesurettes " conjoncturelles ne peuvent apporter aucune solution durable. Elles sont toutefois indispensables, tant qu'une véritable politique énergétique pour notre secteur n'a pas été mise en oeuvre. Aussi,  quelle  que soit la taille de l'entreprise, la source d'énergie utilisée ou le niveau de consommation énergétique , le remboursement total de la TIPP et de la TICGN pour les fiouls lourd et domestique et le gaz naturel, une ristourne sur les tarifs appliqués dans le domaine de la distribution du gaz, la défiscalisation pour toutes les dépenses liées à l'achat d'énergies et d'investissements pour la maîtrise énergétique,  la défiscalisation totale des bio combustibles, restent incontournables pour permettre a nos entreprises de franchir ce cap sans dommages irrémédiables. Vous l'avez d'ailleurs bien compris en mettant en place le plan d'adaptation structurel serres- énergies qui concrétisent nos propositions d'évolution sur du long terme.  

Nous pouvons retenir de ce plan trois axes principaux :

  • Le renforcement des aides financières pour les investissements économisant significativement l'énergie.
  • L'adaptation à notre secteur des énergies de substitution et des installations de chauffage les utilisant, en s'appuyant sur les procédés développés pour les industries ou les particuliers.
  • Le soutien des programmes de recherche et développement menés conjointement par l'ASTREDHOR et l'ADEME, un exemple significatif étant le programme serres " fermées ", serres durable, qui permet une économie potentielle d'énergie de 35%, une amélioration des rendements de productions de 20% et une réduction des traitements phytosanitaires.

L'ensemble de ces mesures doit s'inscrire dans un plan nécessairement pluriannuel, conduit au niveau national, pour en assurer l'équité territoriale, et que l'ensemble des entreprises puisse s'approprier les solutions dégagées par le plan.

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Nous demandons que VINIFHOR soit le maître d'œuvre de ce plan d'adaptation, et qu'une dotation financière conséquente lui soit allouée par les pouvoirs publics. Il est indispensable que les financements européens soient intégrés dans le budget national, et non pas dispersés dans les régions, en dehors de toute cohérence et vision globale de la filière.
Dans le même temps, nous ne comprenons pas que les financements nationaux pour l'agriculture dans les Contrats de Projet État Région 2007  - 2013 diminuent de 40% par rapport au précédent contrat de plan 2000 -2006. Si nous pouvons souscrire globalement aux thématiques et objectifs censés être prises en charge par les nouveaux CPER, qu'en est il réellement des moyens financiers mis en face ? En découle naturellement une remise en cause du financement des programmes de recherche et des stations régionales qui les portent, ainsi que les actions engagées en faveur de la profession, notamment celles permettant l'adaptation des entreprises de production aux nouvelles contraintes environnementales.Le Plan Végétal pour l'environnement semblerait être un outil d'accompagnement adapté, mais la faiblesse des moyens, aggravée par la non pertinence pour notre secteur des critères d'attributions, vont écarter nos entreprises de ce dispositif.En effet notre activité nécessite une intensité capitalistique proche de l'industrie, et, comme nous l'avons souligné, emploie une main d'œuvre importante. Or ce sont, comme d'habitude, des critères de superficies qui prévalent, rendant toute démarche dérisoire.
Exclure les fleurs, les plantes, les arbres d'un plan végétal environnement ressemble à une provocation, et nous paraît incompréhensible.

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Un autre volet déterminant évoqué dans le cadre des CPER concerne l'enseignement.
La réforme de la carte scolaire des formations horticoles, induite par la régionalisation des moyens financiers, entraînera des fermetures de classes ce qui limitera d'avantage l'accès à notre métier. Or nous avons besoin de personnel formé et compétent. Je cite le rapport du Conseil Economique et Social : " Le CES considère que dans un secteur très ouvert à la concurrence, en restructuration, la formation est indispensable pour mieux prendre en compte les évolutions, les techniques et les processus de productions, les exigences du marché, les démarches qualité, les problèmes de logistique, l'organisation du travail, l'encadrement des équipes, ou encore les règles juridiques en matière d'obtention végétale ..." Et plus loin dans le rapport , je cite à nouveau: " il est important de veiller à ce qu'une offre dans les spécialités de l'horticulture ornementale soit maintenue dans l'ensemble du territoire " Cela coïncide parfaitement avec le volet cohésion sociale et territoriale des Contrats de Projets.

Tous ces éléments de réflexion nous confirment la nécessité d'une véritable politique en faveur de l'horticulture française. Les Pouvoirs Publics doivent apporter un soutien au  secteur dans son ensemble, toutes les entreprises étant  nécessaires au développement de la profession.Il faut, à ce propos, saluer l'ouverture historique de la circulaire serres à tous les producteurs, et au rééquilibrage des taux accordés  aux producteurs organisés commercialement comme aux producteurs indépendants.De même, le plan de relance Fleurs Coupées, toujours en cours de développement, attend les résultats des audits pour réaliser une synthèse et mettre en place  des actions d'envergure et innovantes.

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Plus globalement, nous avons engagé en 2006 un " PLAN de PERENNISATION de DEVELOPPEMENT des ENTREPRISES HORTICOLES ". Actuellement la réflexion en est très avancée, un plan d'action est en projet, qui a l'ambition d'apporter aux entreprises des solutions concrètes pour leur permettre de surmonter leurs difficultés structurelles .Nous ne manquerons pas de faire appel à votre éventuel concours afin de soutenir les actions à mettre en place.Aussi,il nous semble essentiel que  les aides accordées par l'Etat, de même que les fonds Européens, soient gérés de façon nationale donc centralisée pour être efficaces et cohérents,et c'est la mission que nous attendons de VINIFLHOR.Nos relations avec l'Office doivent être constructives, ambitieuses et s'inscrire dans une perspective d'avenir. La dissolution du Conseil de Direction en ce début d'année, sans qu'en soient informés les représentants professionnels, n'est pas de nature à nous conforter dans la confiance que nous souhaiterions très spontanément accorder aux Pouvoirs Publics.

Après autant de sujets sérieux, voire préoccupants, évoquons enfin notre végétal tel que le perçoit le consommateur, finalement notre client : un loisir, un plaisir indissociable de notre qualité de vie.La perception qu'il peut en avoir est un enjeu essentiel pour notre avenir.Nous avons fait de nombreux efforts pour répondre à la demande sociétale, notamment en matière d'environnement. Il nous faut maintenant communiquer sur nos démarches  et oser développer la notion de " patriotisme économique " en privilégiant les achats de végétaux français, et en incitant les collectivités territoriales à faire de même, notamment dans le cadre des appels d'offre, ainsi que le pratiquent couramment d'autres pays de l'Union Européenne auxquels nous cherchons désespérément à vendre des végétaux...

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L'interprofession horticole VALHOR, qui se met en place, doit aussi permettre de développer et d'orienter la promotion générique des produits et des métiersLa mission des Pouvoirs Publics est double :

  • Premièrement, soutenir cette nouvelle Interprofession en lui donnant une certaine visibilité dans le temps. Ainsi, le renouvellement de l'extension de l'accord interprofessionnel de financement, doit être établi pour une durée de 2 ans.
  • Ensuite, ils doivent aussi soutenir les accords  interprofessionnels conclus entre les différents collèges et familles de VALHOR.

La courbe descendante de la consommation de végétaux en France doit être inversée, tous les acteurs doivent se mobiliser et il est fondamental, Monsieur le Conseiller Technique, que votre soutien nous soit acquis et nous comptons sur vous pour être le porte parole de notre profession auprès de Monsieur le Ministre de l'Agriculture.

Enfin, est-il besoin de vous préciser que la découverte de nos métiers vaut le détour ; alors, accordez vous une parenthèse verte, venez nous voir !

Je vous remercie de votre attention.

 

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