Discours Officiel D'Antoine PIGOT,
Président De La
FNPHP
Monsieur le Conseiller technique, représentant
Monsieur BUSSEREAU, Ministre de l'agriculture,
Je vous remercie de votre présence à
notre 62 ème congrès, ce qui me donne l'occasion de
souligner les bonnes relations que nous entretenons avec votre ministère, tant
au niveau du cabinet, des services, qu'avec notre office
VINIFLHOR.
Nous avons sincèrement apprécié, la
disponibilité, et la réactivité de tous nos interlocuteurs, M.CADOT Directeur de
cabinet, M.FAUCHER votre prédécesseur et vous même, M.MATHURIN, Directeur de la
protection des végétaux, ainsi que M. de GUENIN Directeur de
l'office.
Vous avez su être particulièrement attentifs à
nos sollicitations, qui ont quelques fois nécessité des prises de positions
urgentes.
J'en veux pour exemples, la promulgation du
décret d'application de l'article 40 clarifiant le statut des producteurs
détaillants, vos interventions sur la mise en œuvre des usages mineurs
phytosanitaires pour la bulbiculture et votre soutien à notre action visant à
annuler des ventes illicites de végétaux.
Mais si le
Ministère de l'Agriculture à porté une attention grandissante à notre secteur
d'activité, c'est aussi le cas de la société civile qui, à travers un
remarquable rapport du Conseil Économique et Social, a mis en lumière
l'importance sociétale de nos métiers.
Il a également
souligné dans ses conclusions l'intérêt qu'il faut accorder à l'ensemble de la
filière afin d'assurer le dynamisme indispensable à son
développement.
Produits phytosanitaires
Coût de la main d'oeuvre
Augmentation de l'énergie
Viniflhor
Enseignement
Plan de pérennisation et de développement des
entreprises horticoles
Val'hor
Rappelons que notre
secteur représente 7000 entreprises pour un chiffre d'affaires de production de
1 milliard 770 millions d'euros, et 31300 emplois, soit 14 % de l'emploi
agricole total. Mais si nous voulons préserver ce poids économique,
pour lequel nous nous sommes mobilisés activement, nous devons bénéficier d'un
environnement favorable. Les pouvoirs publics doivent donc
veiller à l'équité et aussi avoir la volonté ferme de supprimer les
distorsions de concurrence. Les droits d'entrée sur l'espace
communautaire devraient être négociés contre des barrières phytosanitaires plus
strictes, mais surtout plus en adéquation avec les exigences environnementales
d'aujourd'hui.
Un grand nombre de
produits phytosanitaires a été supprimé pour la production Française, afin de
protéger l'environnement et les consommateurs. Cependant
nous devons toujours proposer à nos clients des produits indemnes de maladies et
de ravageurs, et donc faire appel à des systèmes plus coûteux, comme par exemple
la Protection Biologique Intégrée, ou subir des pertes de culture plus
importantes...Il est essentiel que, dans l'espace européen,
il y ait une harmonisation de l'homologation des produits phytosanitaires car la
situation actuelle crée une sévère distorsion de concurrence. Nous avons eu l'occasion, de rappeler cette position à M.BUSSEREAU il y a
48h lors d'une réunion sur les procédures d'échange dans le cadre de l'OMC.
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Le second point que nous souhaitons
mettre en exergue concerne la nécessité d'un allégement des coûts de la main
d'œuvre permanente et temporaire. Notre secteur est
fortement employeur de main d'œuvre. Ce poste représente
entre 30 à 50 % des coût de productions. La disparité
des coûts horaires travaillés en Europe nous pénalise fortement. D'autres
pays Européens , Pays Bas, Allemagne... ,font des contrats spécifiques et
facilitent le recours à la Main d'œuvre étrangère avec des coûts
largement inférieurs à notre SMIC 35 heures. Le coût de la
main d'œuvre et les marges de plus en plus réduites n'incitent pas les chefs
d'entreprises à embaucher en CDI
-
Le contrat CDI – CNE est une bonne réponse
pour faciliter les embauches. Cela permet de s'assurer des compétences des
personnels embauchés, au long des différents cycles saisonniers qui
rythment l'élaboration et la vente de nos produits.
-
Le maintien par l'ASSEDIC de l'indemnisation
des travailleurs saisonniers entre deux contrats, permet de continuer de
fidéliser une main d'œuvre déjà formée. Si cette
indemnisation venait à disparaître, comme l'impose l'accord UNEDIC de février
2006 négocié par le MEDEF, nous serions dans l'impossibilité de maintenir
notre capacité de production,
-
Des contrat spécifiques doivent donc être
mis en place pour réduire ces inégalités, sans que nous soyons obligés de
recourir systématiquement à de la Main d'œuvre étrangère, ou de délocaliser
nos productions, tout en réduisant les écarts de coût horaire au sein de
l'Europe.
-
Six ans après leur mise en place, nous
mesurons pleinement à quel point les 35 heures sont inadaptées à nos métiers.
Nous souhaitons qu'à la durée légale de 35 heures, soit substituée une durée
conventionnelle propre à l'agriculture, permettant de repousser le seuil de
déclenchement des heures supplémentaires, qui, rappelons le, sont majorées de
25% et non pas de 10% comme dans les autres branches.
Les coûts salariaux
constituent le premier poste de charge de nos entreprises. Une réponse de votre
part à tous ces points est absolument indispensable, d'autant plus que la loi
d'orientation agricole n'a apporté aucune avancée significative permettant
d'imaginer un quelconque abaissement du coût de la main d'œuvre.
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Une autre inquiétude de
notre secteur est l'augmentation alarmante du coût de l'énergie. Tous les
experts s'accordent aujourd'hui à dire que cette tendance est structurelle, et
des " mesurettes " conjoncturelles ne peuvent apporter aucune solution
durable. Elles sont toutefois indispensables, tant qu'une véritable politique
énergétique pour notre secteur n'a pas été mise en oeuvre. Aussi, quelle que soit la taille de l'entreprise, la source
d'énergie utilisée ou le niveau de consommation énergétique , le
remboursement total de la TIPP et de la TICGN pour les fiouls lourd et
domestique et le gaz naturel, une ristourne sur les tarifs appliqués dans le
domaine de la distribution du gaz, la défiscalisation pour toutes les dépenses
liées à l'achat d'énergies et d'investissements pour la maîtrise
énergétique, la défiscalisation totale des bio combustibles, restent
incontournables pour permettre a nos entreprises de franchir
ce cap sans dommages irrémédiables. Vous l'avez d'ailleurs
bien compris en mettant en place le plan d'adaptation structurel serres-
énergies qui concrétisent nos propositions d'évolution sur du long
terme.
Nous pouvons retenir de ce
plan trois axes principaux :
-
Le renforcement des aides financières pour
les investissements économisant significativement l'énergie.
-
L'adaptation à notre secteur des énergies de
substitution et des installations de chauffage les utilisant, en s'appuyant
sur les procédés développés pour les industries ou les
particuliers.
-
Le soutien des programmes de recherche et
développement menés conjointement par l'ASTREDHOR et l'ADEME, un exemple
significatif étant le programme serres " fermées ", serres durable,
qui permet une économie potentielle d'énergie de 35%, une amélioration des
rendements de productions de 20% et une réduction des traitements
phytosanitaires.
L'ensemble de ces mesures
doit s'inscrire dans un plan nécessairement pluriannuel, conduit au niveau
national, pour en assurer l'équité territoriale, et que l'ensemble des
entreprises puisse s'approprier les solutions dégagées par le plan.
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Nous demandons que VINIFHOR
soit le maître d'œuvre de ce plan d'adaptation, et qu'une dotation financière
conséquente lui soit allouée par les pouvoirs publics. Il est indispensable que
les financements européens soient intégrés dans le budget national, et non pas
dispersés dans les régions, en dehors de toute cohérence et vision globale de la
filière.
Dans le même temps, nous ne comprenons pas que
les financements nationaux pour l'agriculture dans les Contrats de Projet État
Région 2007 - 2013 diminuent de 40% par rapport au précédent contrat de
plan 2000 -2006. Si nous pouvons souscrire globalement
aux thématiques et objectifs censés être prises en charge par les nouveaux CPER,
qu'en est il réellement des moyens financiers mis en face ? En découle naturellement une remise en cause du
financement des programmes de recherche et des stations régionales qui les
portent, ainsi que les actions engagées en faveur de la profession, notamment
celles permettant l'adaptation des entreprises de production aux nouvelles
contraintes environnementales.Le Plan Végétal pour
l'environnement semblerait être un outil d'accompagnement adapté, mais la
faiblesse des moyens, aggravée par la non pertinence pour notre secteur des
critères d'attributions, vont écarter nos entreprises de ce
dispositif.En effet notre activité nécessite une
intensité capitalistique proche de l'industrie, et, comme nous l'avons souligné,
emploie une main d'œuvre importante. Or ce sont, comme d'habitude, des critères
de superficies qui prévalent, rendant toute démarche dérisoire.
Exclure les fleurs, les
plantes, les arbres d'un plan végétal environnement ressemble à une provocation,
et nous paraît incompréhensible.
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Un
autre volet déterminant évoqué dans le cadre des CPER concerne
l'enseignement.
La réforme de la carte
scolaire des formations horticoles, induite par la régionalisation des moyens
financiers, entraînera des fermetures de classes ce qui limitera d'avantage
l'accès à notre métier. Or nous avons besoin de
personnel formé et compétent. Je cite le rapport du Conseil Economique et
Social : " Le CES considère que dans un secteur très ouvert à la
concurrence, en restructuration, la formation est indispensable pour mieux
prendre en compte les évolutions, les techniques et les processus de
productions, les exigences du marché, les démarches qualité, les problèmes de
logistique, l'organisation du travail, l'encadrement des équipes, ou encore les
règles juridiques en matière d'obtention végétale ..." Et plus loin dans le
rapport , je cite à nouveau: " il est important de veiller à ce qu'une
offre dans les spécialités de l'horticulture ornementale soit maintenue dans
l'ensemble du territoire " Cela coïncide parfaitement avec le volet
cohésion sociale et territoriale des Contrats de Projets.
Tous ces éléments de
réflexion nous confirment la nécessité d'une véritable politique en faveur de
l'horticulture française. Les Pouvoirs Publics doivent apporter un
soutien au secteur dans son ensemble, toutes les entreprises étant
nécessaires au développement de la profession.Il faut, à ce propos,
saluer l'ouverture historique de la circulaire serres à tous les producteurs, et
au rééquilibrage des taux accordés aux producteurs organisés
commercialement comme aux producteurs indépendants.De même, le plan de relance
Fleurs Coupées, toujours en cours de développement, attend les résultats des
audits pour réaliser une synthèse et mettre en place des actions
d'envergure et innovantes.
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Plus globalement, nous
avons engagé en 2006 un " PLAN de PERENNISATION de DEVELOPPEMENT des
ENTREPRISES HORTICOLES ". Actuellement la réflexion en est très avancée, un
plan d'action est en projet, qui a l'ambition d'apporter aux entreprises des
solutions concrètes pour leur permettre de surmonter leurs difficultés
structurelles .Nous ne manquerons pas de faire appel à votre éventuel concours
afin de soutenir les actions à mettre en place.Aussi,il nous semble
essentiel que les aides accordées par l'Etat, de même que les fonds
Européens, soient gérés de façon nationale donc centralisée pour être efficaces
et cohérents,et c'est la mission que nous attendons de VINIFLHOR.Nos relations avec l'Office
doivent être constructives, ambitieuses et s'inscrire dans une perspective
d'avenir. La dissolution du Conseil de Direction en ce début d'année, sans qu'en
soient informés les représentants professionnels, n'est pas de nature à nous
conforter dans la confiance que nous souhaiterions très spontanément accorder
aux Pouvoirs Publics.
Après autant de sujets
sérieux, voire préoccupants, évoquons enfin notre végétal tel que le perçoit le
consommateur, finalement notre client : un loisir, un plaisir indissociable
de notre qualité de vie.La perception qu'il peut en
avoir est un enjeu essentiel pour notre avenir.Nous avons fait de nombreux
efforts pour répondre à la demande sociétale, notamment en matière
d'environnement. Il nous faut maintenant
communiquer sur nos démarches et oser développer la notion de
" patriotisme économique " en privilégiant les achats de végétaux
français, et en incitant les collectivités territoriales à faire de même,
notamment dans le cadre des appels d'offre, ainsi que le pratiquent couramment
d'autres pays de l'Union Européenne auxquels nous cherchons désespérément à
vendre des végétaux...
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L'interprofession horticole
VALHOR, qui se met en place, doit aussi permettre de développer et d'orienter la
promotion générique des produits et des métiersLa mission des Pouvoirs
Publics est double :
-
Premièrement, soutenir cette
nouvelle Interprofession en lui donnant une certaine visibilité dans le temps.
Ainsi, le renouvellement de l'extension de l'accord interprofessionnel de
financement, doit être établi pour une durée de 2 ans.
-
Ensuite, ils doivent aussi
soutenir les accords interprofessionnels conclus entre les différents
collèges et familles de VALHOR.
La courbe descendante de la
consommation de végétaux en France doit être inversée, tous les acteurs doivent
se mobiliser et il est fondamental, Monsieur le Conseiller Technique, que votre
soutien nous soit acquis et nous comptons sur vous pour être le porte parole de
notre profession auprès de Monsieur le Ministre de l'Agriculture.
Enfin, est-il besoin de
vous préciser que la découverte de nos métiers vaut le détour ; alors,
accordez vous une parenthèse verte, venez nous voir !
Je vous remercie de votre
attention.