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sur le site de la Fédération Nationale des Producteurs de l'Horticulture et des Pépinières

 

61ème Congrès De La FNPHP, 20 et 21 Juin 2005, Saint Malo

 

Discours D'Antoine PIGOT,
Président dela FNPHP

Madame le Conseiller Technique, représentante du Ministre de l'Agriculture et de la Pêche,
Monsieur le Président du Conseil de Direction Horticole de l'ONIFLHOR
Madame la Responsable de la division horticole de l'ONIFLHOR
Monsieur le Président de la Commission Employeurs de la FNSEA
Monsieur le Président de VALHOR
Monsieur le Président d' ASTREDHOR
Monsieur le Président de l'UNEP
Mesdames et Messieurs les Présidents de syndicats et d'Unions, Mesdames et Messieurs les Administrateurs,

Chers Collègues Producteurs,

Mesdames, Messieurs,

L'horticulture et la pépinière se différencient des autres secteurs de la production agricole par sa diversité tant au niveau des tailles d'entreprises, des produits mis en culture, qu'au niveau des segments de marché sur lesquels commercialisent les producteurs. L'équilibre entre les segments de marchés représente la caractéristique la plus remarquable de notre filière. Rappelons que notre balance commerciale est structurellement déficitaire, et donc que la production Française ne génère pas d'excédents, et l'on pourra mesurer la distance qui nous sépare des autres filières agricoles alimentaires. Actuellement, environ 6 000 entreprises cultivent des produits horticoles et de pépinière en France. Cela constitue moins de 1 %  des entreprises de production agricole, mais ces 6 000 Entreprises emploient 14 % des salariés permanents en agriculture, soit près de 20 000 salariés permanents, auxquels il faut ajouter autant de salariés saisonniers.

La deuxième caractéristique de notre secteur est d'être fortement employeur de main-d'œuvre, et donc particulièrement sensible à tout renchérissement du coût du travail, et à tout durcissement de la législation du travail.
Les différentes enquêtes que nous avons pu réaliser avec l'appui de l'ONIFLHOR, ont ainsi montré que les entreprises horticoles sont essentiellement

  • Familiales et de petites dimensions
  • Réparties sur tout le territoire, en milieu rural et périurbain
  • Fortement employeuses de main-d'œuvre
  • Faiblement regroupées
  • Qui commercialisent sur tous les circuits avec une prédominance pour les circuits courts
  • Et avec des débouchés essentiellement régionaux.

Un autre chiffre caractéristique du secteur : 50% des entreprises ont disparu en 10 ans sur la période 1985/1995.

C'est sur ce constat que s'est développée la réflexion de la Politique Stratégique Horticole, qui nous a conduit à aborder les problèmes de notre secteur non plus sous l'angle des produits : pépinière, plantes en  pots, Fleurs coupées, bulbes, mais selon le segment de marché dominant sur lequel l'entreprise horticole commercialise sa production. C'est ainsi que sont apparus, à la FNPHP, les groupes de travail par segment de marché :

  • Export,
  • Jeunes plants
  • Distribution généraliste
  • Grossistes
  • Collectivités et paysage
  • Distribution spécialisée
  • Et producteurs détaillants, qui constituent la base de la pyramide des producteurs horticoles.

En passant d'une culture produit à une culture marché, les entreprises impliquées dans la démarche, ont pu aller au devant des attentes de leurs clients, distributeur, prescripteur ou utilisateur final, anticiper ces attentes en structurant leur offre de produits et de services. La finalité est d'augmenter les volumes vendus et de conserver dans l'entreprise de production des marges pour maintenir un niveau d'investissement élevé et pérenniser de cette façon son activité.

Sur les circuits longs, les initiatives permettant de mettre en relation les producteurs et leurs clients, d'optimiser leurs relations commerciales dans un esprit gagnant -gagnant, ont apporté aux entreprises une vision réaliste de leur marché, et aux pouvoirs publics une image constructive de notre métier.

Sur les circuits courts, la création du réseau Horticulteurs et Pépiniéristes de France, s'appuyant sur une charte exigeante, a révélé, outre le dynamisme et la créativité des producteurs, la pertinence de leur approche du consommateur, puisque leur segment de marché tire son épingle du jeu dans une période ou la consommation de nos produits est en berne.

Il faut bien le constater, malgré les avancées de la Politique Stratégique Horticole, des questions restent posées :

  • Comment enrayer la disparition des entreprises ?
  • Comment rester présent sur notre marché, devant la pression de plus en plus importante des importations intra et extracommunautaires ?
  • Avons nous raison de penser : " n'ayons pas peur " et de relever le défi d'être toujours producteur en France dans 10 ou 20 ans ?

Car inexorablement, les charges augmentent, les contraintes nous cernent, les prix sont en baisse ou au mieux stables, et, fait nouveau et essentiel, après une croissance régulière durant de nombreuses années, la consommation des produits, tant sur le marché Français qu'Européen, est en stagnation, voire en régression. En 2004, le chiffre d'affaires du végétal des jardineries atteint un plancher historique (inférieur à 20%) entraînant les entreprises de production commercialisant sur ce segment dans une récession inquiétante. Plus généralement, sur l'ensemble des segments de marché, les marges des producteurs s'effritent, fragilisant durablement leurs entreprises. Face à cette situation préoccupante, les membres du bureau de la FNPHP , s'appuyant sur la confiance du conseil d'administration, ne sont pas prêts à baisser les bras et, croyez moi, ce n'est pas dans leur tempérament. Le projet professionnel que nous avons défini, décrit les conditions indispensables au maintien et au développement de la production horticole Française.

Vivre de son métier d'horticulteur, c'est :

  • Faire des professionnels que nous sommes de véritables chefs d'entreprise,
  • Maintenir l'accès au marché à toutes les entreprises, car nous sommes convaincus que l'affaiblissement de l'un ou l'autre des segments affaiblit l'ensemble du marché.

Vivre de notre métier c'est enfin et surtout développer la consommation de nos produits. Tels sont les défis que nous devons relever pour être toujours présents sur notre marché. Le syndicat est un outil décisif pour réussir cette évolution, et il doit faciliter la mise en œuvre des moyens nécessaires. Le Conseil d'administration de la Fédération a défini à quel niveau de syndicalisme, il place son action : Syndicalisme de défense, de gestion et d'économie. Puisque aujourd'hui le Ministre de l'Agriculture vous a demandé le représenter,  Mme le conseiller technique, je ne vais pas manquer l'occasion qui m'est offerte d'exercer ma mission de syndicalisme de défense de notre métier en vous demandant un appui ferme à nos revendications légitimes.

  • Le maintien du taux de TVA réduit pour nos produits
  • L'exonération de la Taxe Locale d'Equipement sur les serres de production y compris pendant la période transitoire 1996-1999
  • L'obtention de dispositions fiscales, propres à notre secteur, que nous demandons dans le cadre de la loi de finances, comme les déductions pour aléas et les déductions pour investissements
  • L'incitation financière à la mise en place d'une assurance récolte, à des tarifs compatibles avec nos marges, ceci dans la perspective de la remise en cause du régime des calamités agricoles.

Autant de mesures fiscales indispensables à nos entreprises et à nos emplois, pour lesquelles le soutien indéfectible de notre Ministère est primordial. De même, les évolutions des exigences de la société concernant nos métiers en matière d'environnement et de protection de la nature, ajoutent une pression et des contraintes supplémentaires sur nos entreprises. Au point que nous pouvons légitimement nous poser la question : Pouvons-nous encore produire des végétaux d'ornement, si les Pouvoirs Publics continuent de supprimer les produits phytosanitaires homologués, en ne proposant pas d'alternatives satisfaisantes. Les procédures d'extensions d'homologations pour usages mineurs sont particulièrement longues.

Quand aboutiront elles ? Quand pourrons nous utiliser ces produits sur nos cultures si nous n'avons pas de votre part un soutien actif ?

Sans un assouplissement de la législation sur les mélanges de produits, et les quotas de bromure de méthyle, plus restrictifs en France qu'en Espagne, nous risquons d'obtenir un résultat inverse du bénéfice recherché : C'est à dire développer des ennemis des cultures résistant à tous produits homologués. Nous sommes par ailleurs parfaitement conscients de l'impact de nos productions sur l'environnement, et avons depuis plus de 10 ans engagé des démarches d'économie d'eau, de rationalisation des apports d'engrais, de récupération des effluents, de lutte intégrée contre les ravageurs, grâce à l'appui de notre réseau ASTREDHOR, engagé dans le programme "Horticulture Raisonnée". En contre partie de ces efforts, les Pouvoirs Publics nous imposent une réglementation toujours plus contraignante. On pourrait au contraire imaginer que, lorsqu'une filière fait de tels efforts, ils devraient accompagner la démarche au moins en communiquant largement sur le sujet, et pourquoi pas en mettant en avant nos produits répondant aux exigences de la société, et qui de ce fait supportent un coût de production plus élevé que des produits provenant d'autres origines.

De même la flambée des prix des combustibles compromet gravement la pérennité des entreprises horticoles serristes Les frais de chauffage représentent 20 à 40% du coût de production des végétaux. On est bien loin de l'incidence des prix des carburants dans le compte de résultat des exploitations agricoles, et la mesure permettant de récupérer la TIPP sur le fuel apporte une bien faible compensation. De plus, afin d'utiliser des brûleurs plus performants, et donc plus économiques en énergie, et plus écologiques car moins polluants, de nombreux horticulteurs utilisent l'énergie du gaz, sur laquelle aucune compensation n'a pu être trouvée excepté pour les très gros consommateurs, peu nombreux dans notre secteur de PME. Il est vital pour notre filière de poursuivre l'effort engagé pour que les coûts restent compatibles avec nos prix de ventes. Parallèlement Il faut élaborer un programme de recherche sur les productions, les équipements de serres, les techniques culturales permettant de produire en optimisant les coûts de chauffage, limitant ainsi les conséquences de notre activité sur l'environnement.

L'Etat Français s'est déjà engagé, en ratifiant le protocole de Kyoto, à diminuer les rejets de gaz à effets de serres. Qu'il nous montre, par son implication, sa volonté de tenir ses engagements, en incitant financièrement les producteurs qui s'inscrivent dans la démarche par des aides, notamment à travers la circulaire serre et les contrats de plan Etat – Région.

Travailler sur des objectifs communs, structurants pour la profession, est devenu nécessaire.

Le plan de relance de la fleur coupée est l'exemple d'une collaboration efficace dans le soutien d'un secteur confronté à la mondialisation et aux importations produites avec des coûts de main d'œuvre dérisoires.

Notre secteur est un gros employeur de main d'œuvre, et l'incidence sur les coûts du travail est une préoccupation permanente de nos employeurs. La FNSEA porte auprès des Ministères concernés des propositions concrètes et innovantes, dont celles de la FNPHP comme :

  • l'allongement à 130 jours de la durée d'exonération des travailleurs occasionnels,
  • l'indemnisation par l' Assedic des périodes non travaillées des contrats intermittents,
  • l'abattement de 10% sur le SMIC pour l'embauche de salariés non qualifiés.

Ces propositions doivent réduire les coûts de main d'œuvre et permettre d'assouplir le droit du travail.  La volonté, affichée par le nouveau gouvernement, de donner à l'emploi sa priorité, va-t-elle enfin se concrétiser par des mesures favorables à nos entreprises ? Il faudra tout le poids du Ministère de l'Agriculture pour faire avancer cette évolution nécessaire et tellement cruciale pour le secteur de la production.

La véritable richesse d'un secteur d'activité est sa capacité à innover, à créer de nouveaux produits, de nouvelles utilisations. L'avenir de notre secteur réside dans les technologies innovantes qui nous permettrons de nous différencier des stratégies coût/volume pour lesquelles nos concurrents étrangers sont mieux armés. L'horticulture a historiquement mis en place des outils mutualisés de recherche et développement accessibles à toutes les entreprises, financés en partie par la taxe ADAR payée par le plus grand nombre des producteurs et par des aides de l'ONIFLHOR. Aujourd'hui, les retards apportés au versement de ces aides, entraînent des difficultés financières à notre Institut Technique ASTREDHOR telles que sa pérennité est menacée. Est-ce là le reflet de la volonté des pouvoirs publics de soutenir la recherche et le développement ?

Mettant en action les principes d'un syndicalisme d'économie, nous sommes convaincus de l'urgence de développer le marché en stimulant la consommation des végétaux français. La réussite des producteurs détaillants nous conforte dans notre réflexion : Satisfaire les consommateurs permet de restaurer les marges et de pérenniser les entreprises. Il est primordial cependant que notre démarche de clarification du statut juridique du producteur détaillant aboutisse dans les plus brefs délais, ce qui est envisageable avec l'appui du Ministère, stimuler la consommation des produits français, c'est d'une part ,au sein de l'interprofession VALHOR, un programme d'action de promotion générique de nos produits, absente depuis 10 ans et, d'autre part aller au devant des attentes des consommateurs pour identifier les besoins qu'ils expriment,

Nous avons là deux axes complémentaires nous permettant de réaliser notre projet. Aujourd'hui, nous n'en sommes qu'aux idées, mais vous conviendrez avec moi que les idées sont notre indispensable source d'énergie, Si le travail de réflexion a débuté il y a quelques années, lors de la gestation de VALHOR, ainsi qu'au cours des réunions du groupe " enjeux et perspectives horticoles", le " GEPH ", les actions sont à construire, le chantier est vaste mais passionnant. Ce sont les producteurs qui en seront la force motrice car les végétaux sortent de nos entreprises sous leur forme finie, ils ne subissent pas de transformation de la part de l'aval de la filière, Ils sont proposés tels que au consommateur,

 

C'est donc bien à nous, producteurs, de rechercher ce que le consommateur attend de nos produits et de mettre en œuvre pour notre filière les actions de recherche et développement nécessaires à l'accompagnement de cette démarche.

Bien sûr il ne saurait être question de mener à bien ce projet sans le soutien effectif de notre Ministère.

 

Afin de mieux comprendre les inquiétudes et les problématiques de notre profession, je vous renouvelle, Madame le conseiller technique, notre invitation à découvrir notre filière à travers les entreprises du Maine et Loire, dans toute leur diversité.

Je vous remercie de votre attention.

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